Versement transport vs. emploi

Rédigé par Sébastien Bruneau - - aucun commentaire

Hier soir, dans une réunion privée semi-improvisée, j'ai été pris à parti (de façon quasi-démocratique, c'est important) par les représentants des entreprises de la Vallée, et par quasiment 100 % de mes collègues clusiens.
Notre différend porte sur le financement à environ 50 % du transport en commun sur le territoire de la 2CCAM, et sur le projet de transport en commun de 2018 lui-même.


Je me suis déjà exprimé sur le fond du sujet, à savoir l'obligation pour nous élus de montrer l'exemple en terme de développement durable et de lutte contre la pollution dans la Vallée de l'Arve, enjeu majeur de santé publique. Les déplacements routiers ne sont pas responsables à 100 % des émissions de particules fines et de NOx, mais y contribuent de façon non négligeable.

Dans cet article, je vais plutôt m'intéresser à un point important, que je n'ai pas pu développer hier, et sur lequel une caricature d'opposition m'a été proposée ; restant sur un mot que j'ai prononcé, suivi d'un brouhaha, où celui qui parlait le plus fort l'emportait. Je n'ai donc pas débattu réellement sur ce sujet, qui est l'impact de la création d'un réseau de transport en commun et de son financement par les entreprises, sur l'emploi dans notre territoire.


On m'oppose l'argument que faire payer les entreprises réduit leurs marges, et donc à un impact négatif sur l'emploi et l'attractivité du territoire. J'entends cet argument, mais qui fait abstraction des miens, que voici.

Les industries ne sont pas les seuls employeurs de la Vallée de l'Arve. Les autres secteurs pâtissent du manque de mobilité sur le secteur. Sans capacités de transport, ne nombreux emplois dans les services à la personne ne peuvent exister. Et beaucoup plus simplement et plus largement, tous domaines confondus (industrie, commerce, tertiaire, services...), il me semble difficilement possible de faire diminuer le chômage si nous ne prenons pas en compte les contraintes de déplacements de futurs salariés, dont une grande partie ne peut techniquement pas se reposer sur le seul covoiturage. Les acteurs du monde de la recherche d'emploi, publics (Pôle Emploi, Région) et ou privés (agence Intérim) sont d'accord sur cette question.

Aussi, nous nous pouvons pas négliger l'un des autres points clés de l'attractivité de notre territoire : le tourisme et les loisirs. Difficile là-aussi de prétendre vouloir d'une part sauvegarder l'environnement et l'économie dans notre Vallée, sans réfléchir à des alternatives au tout voiture. Evidemment, ce n'est pas un seul et unique réseau de transport qui va répondre à toutes les problématiques sous-jacentes, mais un maillage intelligent des différents réseaux de transports en commun de tous les niveaux géographiques.
Mais encore une fois, comment créer des emplois saisonniers sans offrir d'alternatives à la voiture aux travailleurs ?


Le sujet est vaste, mais je ne vais pas pour autant écrire un livre juste pour démontrer que non, Sébastien n'est pas débile et n'a pas une politique contre l'emploi dans la Vallée. J'ai simplement une vision ouverte, et non bloquée sur l'unique secteur de l'industrie. Quand bien même, je pense que notre future réseau sera créateur d'emplois, et non l'inverse.

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